Risque
cardio-vasculaire chez le sujet fragile institutionnalisé de plus de 80 ans :
Etude PARTAGE
Le Centre EFORVIE a la
responsabilité et assure la coordination du PHRC National 2006-2009 (Programme Hospitalier
de Recherche Clinique, financement du ministère de la santé),
intitulé étude PARTAGE : « Etude
de la Pression ARTérielle des personnes AGées vivant en EHPAD »
(Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes).
L’objectif
principal de l’étude PARTAGE, étude longitudinale de deux ans, multicentrique,
est d’évaluer le risque CV chez les sujets de plus 80 ans résidant dans des
Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), au moyen
de nouvelles approches méthodologiques, autres que la mesure casuelle de la PA,
à savoir :
-
l’automesure assistée de la PA
-
la mesure de la PA centrale par la tonométrie artérielle
- la vélocité de l’onde du pouls (VOP), indice direct de la rigidité
artérielle.
Le
critère principal est l’évaluation de la valeur prédictive de ces mesures sur
la mortalité globale. Les critères secondaires concernent leur valeur
prédictive sur le déclin cognitif et sur les événements cardiovasculaires
majeurs.
Ce projet a été élaboré avec plusieurs de nos partenaires (Centre
investigation Clinique-CIC, Centre d’épidémiologie Clinique-CEC, Association
des Médecins Coordonnateurs de Lorraine –AMCELOR) et regroupe cinq autres
centres hospitalo-universitaires français (Dijon, Grenoble, Paris, Strasbourg,
Toulouse) et deux centres gériatriques italiens (Cesena et Vérone). Il s’agit
d’une étude prospective pour laquelle 1200 personnes de plus de 80 ans vivant
en EHPAD seront évaluées et suivies pendant deux ans.
Cette étude permet de mieux identifier les sujets présentant
un risque élevé de décès ou de maladie CV, ou de déclin cognitif, et d’adopter
une meilleure prise en charge. Les méthodes utilisées sont toutes non-invasives
et adaptées pour le type de patient et le lieu de mesure. Cette étude,
coordonnée par le CHU de Nancy et financée dans le cadre du PHRC National
(2006-2009), a débuté en janvier 2007. Le recrutement des sujets au niveau des
différents réseaux CHU-EHPAD s’est achevé en Juin 2008.
En résumé, cette
étude :
- est financée dans le cadre du
Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) National 2006,
- a reçu un avis favorable du Comité
de Protection des Personnes Est III le 15/12/2006,
- a reçu l’autorisation de la
Direction Générale de la Santé le 05/12/2006,
- porte sur un nombre de 1130
patients de plus de 80 ans,
- a débuté en janvier 2007,
- a duré 36 mois
- comprenait un recrutement de
patients qui s’est achevé en Juillet 2008
- a vu le suivi du dernier
patient (24 mois) se terminer le 20 Juillet 2010
PUBLICATIONS DEJA REALISEES OU EN VOIE DE
PREPARATION
Les objectifs de cette étude ont été atteints dans les
délais prévus initialement. Les données de base (visite initiale) ont déjà été
analysées, et ont déjà donné lieu à deux publications internationales dans des
revues de haut niveau (impact factor > 5) :
1) Salvi P,
Safar ME, Labat C, Borghi C, Lacolley P, Benetos A; on behalf of the PARTAGE
study investigators. Heart disease and changes in pulse wave velocity and pulse
pressure amplification in the elderly over 80 years: the PARTAGE Study. J Hypertens. 2010 Jul 14. [Epub ahead of
print]
2) Benetos
A, Buatois S, Salvi P, Marino F, Toulza O, Dubail D, Manckoundia P, Valbusa F,
Rolland Y, Hanon O, Gautier S, Miljkovic D, Guillemin F, Zamboni M, Labat C,
Perret-Guillaume C. Blood pressure and pulse wave velocity values in the
institutionalized elderly aged 80 and over: baseline of the PARTAGE study. J Hypertens. 2010;28:41-50.
Trois autres
publications basées sur les données initiales sont actuellement en
préparation :
-
la première concerne les relations
entre la pression artérielle et la rigidité artérielle en fonction des
comorbidités
-
la seconde les différences de
traitement anti-hypertenseur entre les participants italiens et français
-
la troisième sur la prévalence de
l’hypotension orthostatique
De plus, nous avons déjà analysé les données de la première
année du suivi longitudinal, en particulier ce qui concerne les déterminants du
déclin cognitif au cours de cette période. Les résultats de cette analyse
viennent d’être soumis à la publication.
Les résultats déjà acquis ont également été présentés dans
une dizaine de congrès nationaux et internationaux dans les domaines
suivants : gériatrie, cardiologie, hypertension artérielle et médecine
interne.
Ainsi, et avant d’avoir complété les analyses sur la période
de deux ans, un nombre conséquent d’analyses et de publications est déjà
assuré, avec la contribution de l’ensemble des différents groupes de l’étude.
DEMANDE D’EXTENSION
SUR CINQ ANS
Au-delà de ses objectifs et résultats précis, cette étude
nous a permis de constituer une cohorte de plus de 1100 patients de plus de 80
ans vivant en institution : il s’agit là d’une première mondiale puisque
aucune autre cohorte de cet âge, ayant une aussi bonne caractérisation de
l’état vasculaire (antécédents, médication, mesures cliniques de la pression
artérielle, auto-mesure de la PA sur trois jours, mesure de la pression
artérielle centrale, rigidité artérielle centrale et périphérique), n’existe
dans la littérature internationale.
Bien qu’il ait été répondu aux questions posées dans
l’objectif de cette étude, d’autres pourraient être abordées par un suivi plus
long de cette cohorte.
Nous proposons ainsi la poursuite du suivi de la
morbi-mortalité à distance (informations fournies par le médecin coordonnateur
par voie postale), qui passerait d’un rythme trimestriel à un rythme semestriel ;
une visite sur site, quasiment identique à la visite d’inclusion, est également
programmée à la fin des cinq ans.
Cette extension nous permettra :
-
de voir si le rôle des facteurs
artériels mesurés est le même sur la morbi-mortalité à deux ans (court terme) et à cinq ans (moyen
terme).
-
de faire une analyse de type
cas-témoins avec deux groupes : cas décédés versus cas vivants, d’une
taille quasi-identique. En effet, les données obtenues et analysées au bout
d’un an de suivi indiquent un taux de mortalité annuelle d’environ 11% (125
décès à la fin de la première année sur 1130 patients inclus). Ainsi, à la fin
du suivi de cinq ans, nous estimons avoir une mortalité d’environ 50%, ce qui
nous permettra de comparer les caractéristiques initiales entre les cas
(décédés) et les témoins (vivants).
-
d’étudier l’évolution de la VOP en
longitudinal, sur une période de cinq ans, dans une population d’un âge aussi
avancé (l’âge moyen étant de 89 ans à la première visite, on compte donc sur une
cohorte d’environ 94 ans).
-
d’étudier l’évolution des
fonctions cognitives au bout de cinq ans.
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